Nous avions repéré la gyro-roue (ou monowheel ou monoroue électrique) il y a plusieurs mois sur internet. Elle avait tout de suite suscité notre curiosité, alors le jour où nous avons croisé par hasard la route de Jean Nguyen se déplaçant sur sa monoroue, nous l’avons tout de suite arrêté pour en savoir plus et pourquoi pas essayer ce drôle d’engin…

Le hasard faisant bien les choses (à ce qu’on dit), Jean n’est pas seulement un utilisateur averti du monowheel, mais aussi organisateur de rencontres d’utilisateurs de véhicules de ce genre (gyropode, e-skate, e-trotinette, …).

Jean, peux-tu nous expliquer ce qu’est cette chose bizarre sur laquelle tu te déplaces ?

C’est une gyro-roue. C’est basé sur le même principe que le gyropode qui est plus connu du grand public (NDLR : sorte de trottinette électrique avec deux roues en parallèle). Il y a un moteur à l’intérieur de la roue qui assure la stabilité. C’est simple, tu démarres la roue, tu poses les pieds sur les ailettes, tu te penches un peu en avant et c’est parti… enfin ça c’est la théorie

Qu’est-ce qui t’intéresse dans cette gyro-roue ?

C’est mon frère qui en avait acheté une et j’ai tout de suite accroché. Ce sentiment de liberté de déplacement est unique. Au départ on sent la vitesse de la roue et puis après, au bout d’une semaine on l’oublie. On a ensuite cette agréable sensation de se déplacer où on veut de façon décontractée. Cela ne signifie pas que c’est sans effort. L’utilisation de ce véhicule fait jouer certains muscles, notamment au niveau des mollets, pour ne faire qu’un avec la roue. Au départ on serre tellement que l’on attrape des bleus.

A voir ta décontraction lorsque tu te déplaces, on se dit que c’est super simple. Combien de temps faut-il pour pouvoir réellement se déplacer en ville avec ?

Au bout d’une demi-heure on arrive à trouver l’équilibre. Au bout d’une semaine, à raison de 30 minutes à 1 heure par jour, on arrive à gérer suffisamment pour se lâcher dans la ville. J’ai appris tout seul, mais c’est quand même plus facile si on se fait aider. Surtout qu’il y a quelques consignes de sécurité à respecter. C’est sûr au début on tombe de temps en temps, alors il faut se protéger avec des protections pour les poignets, les genoux, les coudes et les mollets. Mais c’est comme tout, il faut passer les premières difficultés pour que cela devienne facile.

Quels sont les avantages de ce moyen de déplacement urbain ?

Jean Nguyen sur son monowheel

Déjà, par rapport à un vélo, on peu le prendre avec soi dans le bus ou le tram. Quand on rentre dans les magasins on le laisse à garder à l’accueil. C’est moins encombrant. Comme on se déplace avec des vitesses inférieures à 20 km/h on peut se placer sur les trottoirs, en respectant les piétons. Mais on peut utiliser aussi les pistes cyclables.
(NDLR : concernant la réglementation pour les trottinettes électriques, le site Service-public.fr stipule que : « Les trottinettes à moteur doivent rouler sur la route, et sur le trottoir si elles ne dépassent pas 6 km/h » – rien n’est prévu pour l’instant mais il est fort à parier que pour les gyro-roues ce sera la même chose. L’important est le respect de chaque usager de la route).

L’inconvénient c’est quand la batterie est vide. La roue fait quand même une dizaine de kilo. Le poids se fait vite sentir au bout de quelques mètres. Il existe un accessoire pratique, le trolley, qui permet de transformer la roue en valise à roulette plus facilement transportable.

 Je suppose que tu ne passes pas inaperçu quand tu te promènes ?

C’est sur, à chaque fois que je sors on m’arrête deux à trois fois. Les gens sont curieux de savoir ce que c’est et ça engendre des rencontres. Ca me fait plaisir, j’aime bien expliquer ma passion. En plus de faciliter les déplacements, la gyro-roue est aussi un moyen de communication. C’est convivial, ça m’oblige aussi à m’ouvrir aux autres.

D’ailleurs pour faire connaître encore plus ce véhicule, tu as organisé une rencontre entre “Wheeler” à Remiremont dans les Vosges en juillet 2015. Tu as programmé d’autres actions ?

La prochaine sortie se fera à Nancy au mois de septembre. Je n’ai pas encore la date précise mais l’idée est de rassembler un maximum de personnes. Cela demande beaucoup d’organisation. La manifestation sera ouverte à tout le monde, professionnels, amateurs, débutants et même curieux.

L’idée est de montrer que la gyro-roue n’est pas qu’un loisir mais qu’il faut la considérer comme un moyen de locomotion urbain au même titre que le vélo.

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Quels seraient tes conseils pour l’achat d’une gyro-roue ?

Au début il faut acheter une roue avec des caractéristiques de base, c’est à dire avec une vitesse d’environ 15 km/h, un poids d’environ 10kg, une dimension de 14 pouces qui sera plus maniable et une autonomie d’environ 15 km.

Il n’y a pas d’entretien particulier, la recharge complète se fait en une heure.

On peut ajouter ensuite des accessoires pratiques comme des lumières pour être plus visible, des protections en mousse pour préserver la roue, et une poignée télescopique pour un transport facile

Penses-tu que ce moyen de locomotion a de l’avenir

Pour l’instant c’est un peu tôt pour le dire. C’est un véhicule assez récent. Il y a peut-être 10 à 15 Wheeler (utilisateurs) sur Nancy. A Remiremont nous avons eu une vingtaine de participants. J’espère que pour le prochain rendez-vous à Nancy au mois de septembre nous serons encore plus nombreux.
Si la gyro-roue n’est considérée comme un loisir, son avenir risque d’être limité, mais si on arrive à montrer qu’elle s’inscrit parfaitement dans un déplacement urbain quotidien elle fera de plus en plus d’adeptes.

Avant de quitter Jean il a tenu à nous faire essayer la roue pour ressentir les sensations. C’est vrai qu’en une dizaine de minutes c’est difficile de trouver l’équilibre et l’on sent la roue prête à partir dès qu’on se penche en avant. Mais l’impression de pouvoir se déplacer en toute décontraction apparaît déjà. Une bonne semaine d’entraînement avec des protections est donc vraiment indispensable.

Et qui sait, peut-être qu’un jour, avec les efforts réalisés par Jean pour démocratiser cet engin, les déplacements individuels urbains rentreront dans l’ère de la gyro-roue.

Jean prépare une rencontre monowheel, e-skate, e-trottinette, … à Nancy en septembre 2015. Vous pouvez le contacter sur rapido181@hotmail.fr et obtenir des informations sur le site https://www.urban360.com/?q=event&id=2071