« Un écoulement blanchâtre  s’écoule de mon pénis, pas un jet,  ni du goutte à goutte, 

mais assez pour tâcher mon sous-vêtement. 

Ça ressemble à du pus. Docteur, qu’est ce que c’est? »

Les urines et le sperme s’écoulent par le même conduit : le conduit urétral (urètre) qui  fait suite à la vessie et qui s’ouvre au bout du pénis par un orifice, le méat urètral. 

Normalement, les urines sont émises volontairement trois à quatre fois par jour ; elles sont de couleur jaune-clair. 

Le sperme, qui provient du mélange des substances produites par les testicules et la prostate, est  émis  par le même conduit lors des éjaculations, et il est blanc. 

Normalement, aucun autre écoulement existe.

Si du liquide sort du pénis, alors que vous n’êtes  pas excité et que vous ne venez pas de vous masturber, ce n’est pas normal. Non, ce n’est pas du sperme et ce n’est pas non plus du «pré-sperme», ni des urines.

👉À RETENIR : un écoulement, purulent ou non, qui a lieu indépendamment de l’éjaculation ou de l’émission d’urine n’est pas normal et doit amener à consulter. D’autant plus si vous avez de la fièvre, des douleurs, des démangeaisons  au bout du pénis et des brûlures en urinant (mais ces symptômes peuvent être absents, et seul l’écoulement peut exister)

ATTENTION! SI VOTRE SEXE COULE,  LE TRAITEMENT EST INDISPENSABLE. 

C’EST DANGEREUX (POUR VOUS ET POUR LES AUTRES)!

Ces écoulements génitaux chez l’homme sont le plus souvent dus à des infections sexuellement transmises (IST), en particulier le gonocoque et les Chlamydiae. On appelle ça une urétrite (inflammation de l’urètre) qui doit être soignée pour disparaître et guérir. Le traitement est indispensable pour éviter les complications et la contamination des partenaires sexuels.

Evitez d’avoir des rapports sexuels tant que la consultation n’a pas eu lieu.  

Pour éviter tout risque de contamination, l’usage systématique des préservatifs est recommandé pour protéger les rapports sexuels pendant la durée du traitement et jusqu’à la disparition totale des symptômes.

 

 

Comment avez-vous pu attraper cela?

Il s’agit donc d’une infection que les partenaires peuvent se transmettre lors des échanges sexuels.

Votre partenaire sexuel(le) a t-elle (ou il) récemment reçu un traitement, ou est suivi pour une infection sexuellement transmissible?

Vous ne saurez pas toujours l’authentifier.

Un prélèvement de l’écoulement recueilli avec une un coton tige (écouvillon) au niveau du méat sera analysé dans un laboratoire  d’analyses médicales pour confirmer le diagnostic  d’infection, rechercher le microbe en cause, et choisir le traitement.

Compte-tenu du lien étroit entre urétrite et maladie sexuellement transmissible, un dépistage de plusieurs maladies est systématiquement recommandé lors du diagnostic de l’urétrite, à la fois chez le patient et son partenaire :

  • La syphillis
  • L’hépatite B
  • Le virus du SIDA
  • L’hépatite C

Ces maladies sont dépistées grâce à des bilans sanguins, effectués au moment du diagnostic de l’urétrite, puis 3 et 6 mois plus tard.

 

 

Est-ce grave?

A la réception des résultats de l’antibiogramme, le traitement antibiotique est poursuivi ou adapté si besoin. Et  dans la grande majorité des cas, vous guérirez.

Le ou les partenaires sexuels récents (dans les 2 mois précédant la survenue des symptômes) doivent être informés, dépistés pour les MST et traités.

Après l’instauration d’un traitement antibiotique adapté, deux consultations de suivi sont conseillées :

  • Une après 3 jours de traitement, si les symptômes persistent ;
  • Une après 7 jours de traitement pour effectuer un contrôle systématique.

Une urètrite est bénigne, tout rentre  rapidement dans l’ordre sans laisser de trace quand elle est diagnostiquée et prise en charge de manière adaptée.

Par contre, quand elle n’est pas soignée ou mal traitée, des complications peuvent  apparaître :

  • Un rétrécissement du canal de l’urètre (sténose) entraînant des difficultés pour uriner et un jet urinaire faible ;
  • Une augmentation du risque d’infection urinaire ou rénale ;
  • Une augmentation du risque de transmission du VIH ;
  • L’accumulation de pus autour de l’urètre, avec la formation d’un abcès capable d’atteindre la peau, le vagin ou le rectum.

Ces complications, parfois graves, peuvent nécessiter une intervention chirurgicale.

Si après un traitement adapté, des symptômes devaient persister (écoulement matinal, brûlures au niveau du canal urétral ou du méat urinaire), n’hésitez pas à revoir voir médecin . C’est rare, mais possible, il peut alors s’agir : 

  • D’ un foyer bactérien persistant au niveau de la prostate ou des glandes annexes de l’urètre ;
  • D’une nouvelle contamination bactérienne, par exemple par un partenaire sexuel non traité ;
  • D’une association de plusieurs agents pathogènes dont l’un n’était pas sensible au traitement.

 

Comment vous pouvez l’éviter?

En utilisant des préservatifs lors des rapports sexuels, en particulier avec les nouveaux partenaires, les partenaires occasionnels ou un partenaire infecté.

Docteur Fabienne Bina-Polinsky

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