Alors que l’épilation intime de l’homme ou de la femme  n’a jamais été aussi tendance, un médecin de l’université de Washington jette un pavé dans la mare.
Dans un article paru sur le site KevinMD, Emily Gibson, directrice d’un centre de santé, dénonce les dangers de cette pratique. Selon elle, l’épilation du maillot (au rasoir, ou à la cire) augmente le risque d’infection et de maladies sexuellement transmissibles, en particulier chez les jeunes. Elle rapporte ce qu’elle a observé chez certains patients de son centre : “L’épilation pubienne irrite et déclenche une inflammation des follicules pileux, laissant des plaies microscopiques ouvertes. Une épilation fréquente […] a pour effet d’entraîner une irritation régulière de la zone rasée, ou épilée à la cire. Combiné à la lumière et à l’environnement humide des organes génitaux, cela devient un milieu propice à la multiplication des plus mauvaises bactéries pathogènes”.

Parmi les risques décrits par la scientifique : herpès, pustules, furoncles, abcès, cystites, mycoses, sans oublier une plus grande vulnérabilité aux maladies sexuellement transmissibles (herpès et papillomavirus) Les poils, ainsi éliminés, ne pourraient en effet exercer leur rôle de barrière et protéger les muqueuses génitales de certains micro-organismes.

 

L’épilation du maillot est-elle dangereuse pour la santé ?

Il est vrai que les poils sont présents pour empêcher les infections, pour protéger la peau. En enlevant les poils, ont réduit un peu la protection. Mais en épilant, on ne prend pas de gros risques

 

L’épilation abîme-t-elle la peau ?

Le rasoir, l’épilateur, l’épilation à la cire favorisent l’apparition des poils incarnés qui peuvent donner des petits furoncles ou des petits boutons, qui sont inesthétiques  et qui peuvent parfois se transformer en abcés. L’épilation à la cire chaude est l’une des plus nocives pour la zone du pubis, car elle provoque des rougeurs et une fragilisation des pores. L’épilation avec ces techniques abîment d’autant plus la peau que celle-ci est fragile dès le départ.

 

Faut-il renoncer à faire place nette aux poils,

ou juste se poser la question de la méthode à employer ?

 

Une étude américaine publiée sans la revue Sexually transmitted infections le 5 décembre 2016 a révélé que les personnes qui pratiquent une épilation intégrale du pubis contractaient davantage de maladies sexuellement transmissibles (MST). Les chercheurs ont proposé un sondage à près de 7500 Américains âgés de 18 à 65 ans, concernant leurs habitudes en matière d’épilation et la prévalence des MST. Des maladies telles que l’herpès, la syphilis, la chlamydia ou encore la blennorragie sont plus fréquentes chez les personnes pratiquant une épilation définitive à la cire ou au rasoir (18 %) que chez celles qui ne s’épilent pas (8 %). Les auteurs de cette étude précisent tout de même que le lien de cause à effet ne peut pas être établi. Il est possible que les personnes qui s’épilent aient tout simplement une activité sexuelle plus intense et donc soient plus à risque de développer une MST.

 

On retient :

·Pas de lien direct Les chercheurs ayant mené cette étude n’ont pas découvert de lien direct entre le fait de s’épiler le pubis et la contraction de maladies sexuellement transmissibles.

.Quant aux partisans du naturel, ils ne sont pas à l’abri pour autant. La prévalence des infections sexuellement transmissibles n’est que de 8%,     14% pour ceux qui ne l’ont pratiqué qu’une seule fois. En revanche, cette prévalence aux IST (infections sexuellement transmissibles) monte à     18% pour ceux qui pratique l’épilation ou du rasage intégral.

·Des microcoupures et un comportement sexuel à risque Selon les chercheurs, deux hypothèses pourraient expliquer ces résultats. D’abord, les microcoupures de la peau dues au rasage et à l’épilation pourraient favoriser la pénétration de bactéries responsables des IST. Ces pratiques ne sont donc pas directement responsables mais établissent un terrain plus propice aux infections. D’autre part, les chercheurs expliquent que les personnes pratiquant l’épilation pubienne pourraient avoir un comportement sexuel plus risqué.

.Si un lien entre l’épilation intégrale ou partielle et les IST était établi, les chercheurs conseilleraient par exemple d’attendre que la peau cicatrise avant d’avoir des relations sexuelles.

 

En définitive :

Si vous souhaitez tout de même avoir recours à l’épilation intégrale, le plus sûr est encore d’avoir recours à une crème épilatoire, moins traumatisante, car elle fait fondre le poil. Elle fonctionne bien sur les poils doux et fins. Pour un type de pilosité plus “drue”, adressez-vous à un institut esthétique spécialisé, qui utilise une bonne cire et à la maîtrise du geste…

ou bien l’épilation laser, qui ne laisse pas de coupures  et qui est définitive !

 

 

Docteur Fabienne BINA-POLINSKY

Lire aussi : Epilation intime de l’homme

Sources : Correlation between pubic hair grooming and STIs : results from a nationally representative probability sample ; E Charles Osterberg, Thomas W Gaither, Mohannad A Awad, Matthew D Truesdale, Isabel Allen, Siobhan Sutcliffe, Benjamin N Breyer ; Sexually transmitted infections 5 décembre 2016 (étude en ligne)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *